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    Comment maîtriser la jument à problème ? Guide pratique de prise en charge de l'endométrite

    Par Bojesen & Petersen Biotech. Base scientifique : Prof. Anders Miki Bojesen et Dr. Morten Rønn Petersen, Université de Copenhague.

    L'endométrite demeure l'une des causes les plus persistantes de baisse de fertilité chez la jument. Si cette affection est reconnue depuis des décennies, les recherches récentes révèlent que les mécanismes sous-jacents — en particulier chez les juments âgées ou multipares — sont bien plus complexes qu'on ne le pensait.

    Alors, comment « maîtriser la jument à problème » ? La clé réside dans la compréhension des infections cachées, des défis diagnostiques qu'elles posent, et des stratégies thérapeutiques modernes fondées sur les preuves.

    Pourquoi l'endométrite est-elle si difficile à diagnostiquer et à traiter ?

    Les écouvillons utérins classiques ne détectent que les bactéries en croissance active à la surface de l'endomètre. Or, les travaux de recherche montrent que le pathogène le plus problématique — Streptococcus equi subspecies zooepidemicus — se trouve rarement en surface chez les juments à problème.

    Plusieurs études ont mis en évidence que ces bactéries peuvent :

    • se loger en profondeur dans l'endomètre (300–500 µm sous la surface)
    • envahir et survivre à l'intérieur des cellules épithéliales Skive et al., 2017 – Frontiers in Cellular and Infection Microbiology
    • entrer dans un état dormant, les rendant invisibles aux cultures traditionnelles
    • présenter une tolérance extrême aux antibiotiques en phase de dormance (jusqu'à 10 000× la CMI)

    Cela signifie qu'une jument peut être déclarée « propre » tout en étant porteuse d'une infection qui compromet sa fertilité.

    Quelles bactéries sont réellement responsables de la majorité des cas d'endométrite ?

    Une étude allemande de référence (Sieme et al., 2024), portant sur 28 887 prélèvements utérins, fournit le jeu de données le plus complet à ce jour.

    Lien PubMed : Sieme et al., 2024 – PubMed

    Résultats clés :

    • Streptocoques β-hémolytiques = 79,7 % de tous les isolats pathogènes
    • E. coli = 4,3 %
    • E. coli var. haemolytica = 5,2 %
    • Klebsiella pneumoniae = 3,9 %
    • Pseudomonas aeruginosa = 2,0 %
    • Candida spp. = 2,9 %

    ➡️ Les streptocoques dominent la pathologie utérine chez la jument — bien davantage que les bactéries à Gram négatif.

    Pourquoi les écouvillons standards passent-ils si souvent à côté du vrai problème ?

    Parce que les écouvillons ne prélèvent que la surface luminale de l'utérus.

    Or, chez les juments à problème, les streptocoques se dissimulent souvent :

    • au sein des glandes endométriales profondes
    • à l'intérieur des cellules (localisation intracellulaire)
    • sous forme dormante et non cultivable

    Ce constat a été illustré de manière frappante (Nielsen, Theriogenology 2005) :

    • les écouvillons ont détecté l'infection chez 34 % des juments
    • les cultures de biopsie ont détecté l'infection chez 82 % des mêmes juments

    Cet angle mort diagnostique explique pourquoi tant de juments aux écouvillons « propres » ne parviennent toujours pas à concevoir.

    Comment les vétérinaires peuvent-ils améliorer leur approche diagnostique ?

    Une démarche diagnostique moderne repose sur trois étapes :

    1. Identifier les juments à risque

    Cela concerne les juments :

    • de plus de 8 ans
    • ayant eu 3 poulains ou plus
    • présentant des antécédents d'endométrite ou de cycles vides répétés

    2. Évaluer la clairance utérine et l'anatomie

    L'échographie, le scoring liquidien et l'évaluation de la conformation périnéale restent des outils essentiels.

    3. Recourir aux diagnostics par activation en cas de suspicion d'infection dormante

    bActivate peut stimuler les streptocoques dormants, les rendant détectables en culture.

    Cette méthode s'appuie sur des publications scientifiques évaluées par des pairs et est utilisée en pratique clinique, notamment en lien avec Hagyard :

    🔗 Hagyard Pharmacy : Hagyard Pharmacy

    🔗 Dr. Kirstina Lu – Spécialiste en thériogénologie : Dr. Kirstina Lu – Hagyard Equine Medical Institute

    Quelle est la meilleure stratégie de traitement une fois l'infection identifiée ?

    Le traitement doit être ciblé sur le pathogène et tenir compte du caractère actif ou dormant de l'infection.

    Pour les infections actives (culture positive) :

    • lavage intra-utérin
    • antibiothérapie systémique et intra-utérine
    • protocoles à l'ocytocine

    Pour les infections dormantes ou profondes :

    Les recherches montrent les meilleurs résultats lorsque l'activation (par ex. bActivate) est suivie de :

    ✔ pénicilline par voie systémique ✔ pénicilline intra-utérine ✔ lavage utérin

    Dans une étude, la seule jument n'ayant pas éliminé l'infection n'avait reçu qu'un traitement intra-utérin — sans antibiothérapie systémique.

    Comment les éleveurs peuvent-ils réduire les coûts et améliorer les résultats de fertilité ?

    Les cycles vides à répétition coûtent cher.

    Une analyse des coûts a montré :

    • £916 en moyenne par jument à problème
    • £531 par cycle

    Un diagnostic plus précoce des infections dormantes permet d'éviter des cycles perdus et d'améliorer la prévisibilité des résultats de reproduction.

    Quel est le message essentiel pour la prise en charge de l'endométrite ?

    L'endométrite est avant tout un défi diagnostique, et non simplement un problème bactérien.

    Pour véritablement maîtriser la jument à problème, les vétérinaires doivent :

    ✔ Comprendre comment les pathogènes utérins se dissimulent et persistent ✔ Reconnaître les limites des diagnostics traditionnels ✔ Utiliser les diagnostics par activation chez les juments à haut risque ✔ Appliquer un traitement ciblé et fondé sur les preuves ✔ Soutenir la clairance utérine et la fonction reproductive globale

    Lorsque la véritable infection est identifiée, la plupart des juments peuvent retrouver une fertilité normale.

    Ce n'est que rarement la jument qui pose problème — c'est notre capacité à détecter ce qui la freine.